Le silicium intrigue autant qu’il interroge. Ce n’est pas un médicament. Ce n’est pas non plus un produit miracle. C’est avant tout un élément chimique, présent partout autour de nous. On le trouve dans le sable, dans le verre, dans nos smartphones. On le trouve aussi, en petite quantité, dans notre organisme.
Sous sa forme naturelle, le dioxyde de silicium (SiO2), il constitue la matière première du verre, du béton et des panneaux solaires. Sous forme organique, il intéresse la cosmétique et la complémentation alimentaire. Dans cet article, nous expliquons sa définition, son rôle biologique, ses formes commerciales (G5, G7, Dissolvurol, Dexsil, Silagic) et ses véritables usages industriels. Nous répondons aussi aux questions les plus posées sur ce minéral encore mal connu.
Silicium : définition et propriétés chimiques
Symbole Si, atome et place dans le tableau périodique
Le silicium porte le symbole Si. Voici ses caractéristiques essentielles :

- Numéro atomique : 14.
- Masse atomique : environ 28.
- Place dans le tableau périodique : 14ᵉ colonne, aux côtés du carbone.
- Nature : un métalloïde, à mi-chemin entre métal et non-métal.
Le silicium partage une propriété clé avec le carbone : la tétravalence. Il forme jusqu’à quatre liaisons covalentes. Cependant, ses liaisons restent plus faibles que celles du carbone. Cette faiblesse explique sa grande réactivité chimique. Trois isotopes naturels composent le silicium terrestre. Le silicium-28 domine largement, avec 92 % du total. Les isotopes 29 et 30 complètent le reste.

Attention à l’orthographe. Beaucoup confondent silicium et silicone. Ce sont deux substances bien différentes. Le silicium est un élément chimique naturel. Le silicone est un polymère synthétique, fabriqué à partir de silicium. On le retrouve dans les joints, les moules de cuisine ou certains cosmétiques. Ne confondez donc pas ces deux mots dans vos recherches.
Dioxyde de silicium : silice vs silicium
Le silicium pur n’existe presque jamais dans la nature. Il réagit trop facilement avec l’oxygène. C’est pourquoi on le trouve presque toujours sous forme oxydée : le dioxyde de silicium, aussi appelé silice (SiO2).
Cette distinction change tout pour comprendre le sujet :
- Le silicium : l’élément chimique pur, isolé en laboratoire ou en usine.
- La silice (SiO2) : sa forme naturelle et stable, présente dans le quartz et le sable.
- Le carbure de silicium (SiC) : un composé industriel distinct, très dur, utilisé comme abrasif et en électronique de puissance.
En pratique, quand on parle de « silicium » dans le sable ou les roches, on parle en réalité de dioxyde de silicium. Cette silice cristalline compose l’essentiel du sable siliceux, du quartz et du grès. C’est cette matière première qui alimente ensuite toute la chaîne industrielle : silicium métal, semi-conducteurs, verre.
Un métalloïde omniprésent dans la croûte terrestre
Le silicium est le deuxième élément le plus abondant de la croûte terrestre. Seul l’oxygène le devance. Il représente environ 28 % de la masse terrestre. On le trouve dans :
- le sable et le quartz,
- le granite et le grès,
- l’argile et les silicates,
- de nombreuses roches sédimentaires et ignées.
Pour devenir du silicium métal, ce dioxyde de silicium doit d’abord être purifié. Les carrières extraient un quartz à haute teneur. Des concasseurs réduisent ensuite les blocs en fragments plus petits. Un lavage sous pression élimine l’argile et les impuretés de surface. Un tri par tamis homogénéise enfin la taille des grains.
Cette silice purifiée part ensuite vers des fours à arc électrique. Le carbone y joue le rôle de réducteur. Il capte l’oxygène du dioxyde de silicium, à plus de 2000 °C. Cette réaction libère du silicium métal fondu. Les usines le coulent ensuite vers 1500 °C, dans de grands moules. La Chine domine aujourd’hui cette production mondiale de silicium, loin devant la Russie, le Brésil, la Norvège et les États-Unis.
À quoi sert le silicium dans l’organisme ?
Notre corps contient aussi du silicium. Il n’occupe pas un rôle nutritif majeur, comme le fer ou le calcium. Cependant, il participe à plusieurs fonctions biologiques importantes.
Rôle dans la synthèse du collagène
Le silicium agit comme un catalyseur. Il active une enzyme clé, la prolyl-hydroxylase. Cette enzyme fabrique le collagène. Le collagène, à son tour, structure nos tissus conjonctifs.
On retrouve donc du silicium en abondance dans :
- la peau et le derme,
- les cartilages et les tendons,
- les os en croissance,
- les parois des vaisseaux sanguins.
Avec l’âge, le taux de silicium diminue naturellement dans ces tissus. Cette baisse peut atteindre 80 % dans certaines zones du corps. Elle coïncide souvent avec les premiers signes de vieillissement.
Bienfaits sur les cheveux et les ongles
Le silicium se concentre aussi dans les tissus kératinisés. Cheveux, ongles et poils en contiennent des taux élevés. Il contribuerait à leur solidité et à leur résistance. C’est pourquoi de nombreux sérums capillaires et vernis au silicium existent aujourd’hui en pharmacie.
Ces usages restent surtout empiriques. Aucune étude indépendante ne confirme une repousse accélérée des cheveux. Cependant, l’usage traditionnel reste très répandu en cosmétique.
Silicium et arthrose : effets sur les articulations
Quel est le meilleur silicium pour l’arthrose ? En résumé, les formes les plus étudiées restent le monométhylsilanetriol (MMST) et l’acide orthosilicique. Aucun produit ne dispose toutefois d’une allégation de santé validée par l’EFSA.
Le silicium reste très recherché contre les douleurs articulaires. Il intervient dans la synthèse de l’acide hyaluronique. Cette molécule lubrifie et protège le cartilage. Certains utilisateurs rapportent aussi un effet apaisant sur les tendinites.
Cependant, la prudence reste de mise :
- L’EFSA n’a validé aucune revendication d’effet « anti-arthrose ».
- Aucune étude indépendante n’a confirmé cet effet chez l’humain, selon Santé.fr.
- Les retours d’expérience restent nombreux, mais non scientifiquement prouvés.
En Afrique du Nord, une tradition ancienne consiste à enterrer les personnes rhumatisantes dans le sable chaud. Cette pratique évoque une possible biodisponibilité du silicium en surface du sable. Elle ne constitue toutefois pas une preuve scientifique.
Action sur la peau et le vieillissement cutané
Le silicium stimule les fibroblastes. Ces cellules produisent le collagène et l’élastine. Cette action redonnerait tonicité et souplesse à la peau. Elle limiterait aussi l’apparition des rides.
Le silicium agirait également comme antioxydant. Il protégerait les lipides membranaires contre le stress oxydatif. Voilà pourquoi de nombreux soins anti-âge en contiennent aujourd’hui.
Sources naturelles et alimentaires de silicium
Aliments riches en silicium
Quel est l’aliment le plus riche en silicium ? Les céréales complètes, en particulier le riz complet et l’avoine, arrivent en tête. La bière et l’eau minérale comptent aussi parmi les meilleures sources de silicium soluble.
Voici les principales sources alimentaires :
- céréales complètes (riz, avoine, millet),
- fruits (banane, pomme, orange),
- légumes (épinards, oignons, carottes, concombre),
- légumineuses (lentilles, pois chiches),
- eaux minérales et bière,
- fruits secs (amandes, noix).
À l’inverse, les produits d’origine animale contiennent très peu de silicium. Une alimentation pauvre en végétaux augmente donc le risque de carence.
La prêle : une plante concentrée en silice
La prêle des champs concentre naturellement beaucoup de silice. On lui prête depuis longtemps des vertus reminéralisantes. L’ortie et le bambou partagent aussi cette richesse en silicium.
Ces plantes stockent la silice dans leur épiderme. Elle y joue un rôle de consolidation structurelle. Certains fabricants extraient cette silice végétale pour leurs compléments alimentaires.
Silicium organique : formes et compléments alimentaires
Silicium organique vs silicium minéral
Cette distinction reste essentielle pour bien choisir un complément.
Le silicium minéral (silice, silicates) reste peu soluble. Son absorption digestive dépasse rarement 10 %. Le silicium organique, lui, forme une liaison directe avec le carbone. Cette liaison change tout : il devient beaucoup plus soluble.
- Silicium minéral : absorption digestive de 1 à 10 %.
- Silicium organique (MMST) : absorption estimée entre 50 et 70 %.
Le monométhylsilanetriol (MMST) illustre bien cette famille de molécules. Sa structure associe un silicium tétravalent, trois groupes hydroxyle et un groupe méthyle. Cette double polarité facilite sa solubilité dans l’eau. Elle facilite aussi son passage à travers la peau.
Acide orthosilicique : la forme la mieux absorbée
L’acide orthosilicique Si(OH)4 constitue la forme naturelle de transport du silicium dans l’eau. On le retrouve directement dans les eaux minérales.
La réglementation européenne encadre strictement les formes autorisées en complémentation alimentaire. Seules trois formes de silicium sont aujourd’hui reconnues :
- l’acide orthosilicique stabilisé à la choline,
- le dioxyde de silicium,
- l’acide silicique.
Le dioxyde de silicium n’est donc pas qu’un simple composant minéral. Il figure officiellement parmi les formes reconnues de silicium alimentaire. Il sert aussi d’additif anti-agglomérant (E551) dans de nombreux produits courants.
Gel, liquide ou gélules : quelle forme choisir ?
Le format dépend surtout de l’usage recherché.
- Gel : pénétration cutanée facile, idéal pour les massages articulaires ou les soins de la peau.
- Solution buvable : adaptée aux cures de fond, souvent combinée à d’autres actifs.
- Gélules : pratiques, sans goût, souvent associées au MSM, à la glucosamine ou à la chondroïtine.
Chaque format présente ses propres avantages. Le choix dépend surtout de vos habitudes et de votre objectif.
G5, G7, Dissolvurol, Silagic et Dexsil : que valent-ils ?
Le marché propose de nombreuses marques de silicium organique. Elles reposent souvent sur la même molécule, mais avec des variantes.
- G5 / G7 : formule historique de Loïc Le Ribault, à base de MMST. Le G7 reprend la recette du G5, avec une étape de bio-dynamisation supplémentaire. Il existe en version minérale (Original) et végétale (Siliplant, à base de prêle).
- Dissolvurol : marque ancienne, fondée en 1947, à base d’acide silicique et d’acide orthosilicique.
- Dexsil : silicium organique dit « bio-activé », stabilisé à la choline, enrichi en extrait d’ortie.
- Silagic : associe souvent le silicium organique (MMST) à du collagène, pour cibler spécifiquement les articulations.
Aucune de ces marques ne détient l’exclusivité du silicium organique. Elles se différencient surtout par leur origine, leur stabilisant et leur concentration réelle en silicium.
Quel silicium choisir ?
Critères de qualité et de biodisponibilité
Avant d’acheter, vérifiez plusieurs critères :
- la quantité réelle de silicium élément, pas seulement le pourcentage global affiché,
- l’origine de la matière première (synthèse pharmaceutique ou extraction végétale),
- la nature et la quantité des conservateurs ajoutés,
- les conditions de conservation (lumière, chaleur, contact avec le métal ou le verre).
Un produit affiché à 7 % peut ainsi contenir moins de silicium réel qu’un produit à 0,03 %. Tout dépend de ce que ce pourcentage représente vraiment.
Avis sur le silicium organique en cure
Les avis restent globalement positifs chez les utilisateurs réguliers. Beaucoup rapportent un confort articulaire amélioré. D’autres soulignent des effets sur la peau ou les cheveux.
Gardez cependant à l’esprit un point réglementaire important. Aucune revendication d’effet n’est aujourd’hui validée par l’EFSA pour le silicium. Un produit ne peut donc légalement promettre de traiter l’arthrose, l’ostéoporose ou la chute de cheveux. Ces effets relèvent de l’expérience individuelle, pas de la preuve clinique.
Combien de temps doit durer une cure ?
Quand faut-il prendre du silicium ? Le matin, à jeun, reste le moment le plus recommandé par les fabricants. On le prend généralement 15 à 20 minutes avant les repas.
Les protocoles varient selon les marques :
- cure classique : 3 semaines de prise, suivies de 10 jours de pause,
- cure de fond : 1 à 2 mois en continu, parfois renouvelable,
- cure d’attaque : dose renforcée pendant 2 semaines, puis dose d’entretien.
Respectez toujours les indications du fabricant. Demandez conseil à un professionnel de santé en cas de traitement médical en cours.
Combien coûte un complément alimentaire en silicium ?
Les prix varient selon le format et la concentration. Comptez généralement :
- entre 15 € et 20 € pour un flacon de 250 à 500 ml,
- entre 25 € et 35 € pour un flacon d’un litre.
Les grands formats restent souvent plus économiques pour les cures longues. Le coût journalier moyen tourne autour de 0,30 € à 1 € par jour.
Dangers et effets secondaires du silicium
Risques liés au dioxyde de silicium inhalé
Quels sont les inconvénients du silicium ? Le principal risque concerne l’inhalation prolongée de poussières de silice cristalline. Elle peut provoquer la silicose, une maladie pulmonaire chronique.
Cette pathologie touche surtout certains secteurs professionnels :
- les carrières et les mines,
- le BTP et la taille de pierre,
- la fonderie et la sablerie industrielle.
C’est pourquoi la manipulation du sable siliceux et du quartz impose des protections adaptées. Masques, aspiration des poussières et bonne ventilation limitent ce risque en milieu professionnel. Le dioxyde de silicium utilisé comme additif alimentaire (E551) ne présente pas ce danger : les quantités ingérées n’ont rien à voir avec les expositions industrielles.
Effets secondaires des compléments : ce que dit la science
Le MMST est aujourd’hui autorisé dans l’Union européenne. L’EFSA a validé sa sécurité en 2016. La dose journalière recommandée reste limitée, autour de 10 mg de MMST par jour.
Aux doses habituelles, le silicium organique est généralement bien toléré. Le surplus s’élimine naturellement par les reins. Quelques précautions restent toutefois utiles :
- prudence en cas d’insuffisance rénale,
- avis médical conseillé pour les femmes enceintes ou allaitantes,
- vigilance en cas de traitement diurétique ou rénal en cours.
En résumé, les vrais inconvénients du silicium tiennent moins à sa toxicité qu’à l’absence de preuve scientifique solide sur ses bienfaits allégués. Ils tiennent aussi à la grande variabilité de qualité entre les produits du marché.
Silicium industriel : usages et applications
Le grand public associe souvent le silicium aux compléments alimentaires. Pourtant, l’essentiel de la production mondiale de silicium sert l’industrie, pas la nutrition. Tout part du même point de départ : un sable de quartz suffisamment pur.
Semi-conducteurs et puces électroniques
Le silicium reste le matériau de base de l’électronique moderne. Pour fabriquer une puce, il faut un silicium extrêmement pur, au-delà de 99,9999 %.

La méthode Czochralski permet d’atteindre ce niveau de pureté. Elle consiste à faire croître un monocristal à partir d’un bain de silicium fondu. Les usines découpent ensuite ce monocristal en fines tranches, appelées wafers. Ces wafers deviennent le support des transistors et des circuits intégrés.
Cellules photovoltaïques et silicones
Les panneaux solaires utilisent aussi ce silicium hautement purifié, sous forme de polysilicium. Ce matériau capte la lumière et la convertit en électricité.
Le silicium alimente enfin de nombreuses autres industries :
- les alliages d’aluminium, premier débouché du silicium métal,
- le verre, qui contient plus de 60 % de silice,
- les silicones, utilisés dans les joints, les cosmétiques et l’industrie,
- le carbure de silicium, pour les abrasifs et l’électronique de puissance,
- le béton et les matériaux de construction, à base de sable siliceux.
Toute cette chaîne industrielle démarre pourtant au même endroit : une carrière de quartz ou un gisement de sable siliceux de haute pureté. Sans cette matière première, ni les puces électroniques, ni les panneaux solaires, ni le verre ne pourraient exister.
Cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas un avis médical ni une expertise réglementaire. Consultez un professionnel de santé avant toute cure de complémentation en silicium, notamment en cas de traitement en cours, de grossesse ou d’allaitement.
